Intensifier la lutte contre les médicaments illicites

Santé publique

Près de 113 millions de médicaments illicites ont été saisis en Afrique. Les douanes et l’IRACM souhaitent amplifie la lutte pour sécuriser le circuit du médicament au niveau mondial.

Lors de leur 4ème action commune de lutte contre les faux médicaments en Afrique, l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) et l'Institut International de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM) ont saisi 113 millions de médicaments illicites (hors compléments alimentaires et dispositifs médicaux), estimés à 52 millions d'€. En quatre actions communes, le bilan est de 869 millions de médicaments contrefaits et illicites saisis aux portes du continent. Surtout des anti-paludéens, anti-inflammatoires, antibiotiques, antalgiques, compléments alimentaires… venant prioritairement d’Inde ou de Chine.
Il peut s’agir de « faux fabricants » et de fausses dénominations, mais aussi de produits existants mais illégaux : n’ayant pas l’AMM dans le pays, importés frauduleusement ou altérés suite à un transport dans de mauvaises conditions (température, humidité, lumière…).
Le trafic de faux médicaments, explique Bernard Leroy, Directeur de l’IRACM, « passe par des conteneurs (donc en énorme quantité) ; internet ; le reconditionnement de médicaments périmés (surtout vers l’Amérique du sud) ; le détournement vers d’autres pays des importations parallèles autorisées par l’UE. » Une question majeure reste sans réponse : quel pourcentage du phénomène réel représentent les saisies opérées ? 
Il faut donc amplifier la lutte, par la formation et l’information des douaniers et la sensibilisation des gouvernements ainsi que des populations. Et en sécurisant les chaînes d’approvisionnement en médicament dans le but, ultime, « de favoriser l’accès des plus déshérités à des produits de santé de qualité. »

Alain Noël