La santé des Français dépend de leur milieu social

Santé publique

Si les Français sont globalement en bonne santé, l’état des lieux dressé par la Drees met en lumière des inégalités sociales.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et Santé publique France publient le nouveau rapport sur « L’état de santé de la population en France ».
L’espérance de vie des Français est élevée : 85 ans pour les femmes, 78,9 ans pour les hommes, et l’écart entre les sexes se réduit comme dans d’autres pays européens. La mortalité toutes causes continue à diminuer, pour toutes les classes d’âges, pour les hommes et les femmes. Cette réduction de la mortalité concerne la plupart des maladies chroniques : cancers, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, diabète… La baisse de la mortalité prématurée observée depuis 15 ans se poursuit, ainsi que celle de la mortalité évitable liée aux comportements à risques, notamment chez les hommes.

Le poids des décès prématurés reste important

Les auteurs révèlent néanmoins que près d’un décès sur cinq est prématuré (décès avant 65 ans) et que ce risque est deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. La mortalité évitable par une réduction des comportements à risques représente 30 % de cette mortalité prématurée, elle est aussi plus de trois fois supérieure chez les hommes comparée aux femmes.
Attention également aux maladies chroniques dont l’incidence ne régresse pas. Ainsi, leur prévalence, déjà importante, est en forte hausse, notamment du fait du vieillissement de la population et de l’allongement de l’espérance de vie.

Des inégalités sociales de santé présentes à tous les âges de la vie

Les principaux indicateurs de santé (espérance de vie, santé perçue, incidence et mortalité de pathologies chroniques…) présentent des gradients sociaux. L’espérance de vie des hommes cadres à 35 ans est de 49 ans, soit 6,4 ans de plus que celle des hommes ouvriers.
Les déterminants de santé tels que la nutrition, l’activité physique, et la consommation de tabac sont aussi échelonnés selon des gradients sociaux. Par exemple, les enfants d’ouvriers souffrent toujours davantage de surcharge pondérale et de mauvais état de santé bucco-dentaire que les enfants de cadres.
Les conditions de travail ont aussi un impact fort sur la santé : les risques (exposition aux agents cancérogènes, facteurs de pénibilité) sont inégalement répartis entre les catégories socioprofessionnelles, les ouvriers et employés étant particulièrement exposés.

Les comportements à risque perdurent

Le tabagisme reste trop important, alertent les auteurs. Chez les femmes, la proportion de fumeurs est restée stable depuis les années 1970 et chez les hommes, si la consommation de tabac baisse nettement sur la même période, elle reste supérieure à celle des femmes.
Contrairement à l’évolution des consommations quotidiennes, les comportements d’alcoolisation ponctuelle importante (API) sont en augmentation. Entre 2010 et 2014, le pourcentage de personnes ayant eu au moins une API dans l’année est passé de 36 % à 38 % parmi les 18-75 ans, et de 52 % à 57 % parmi les 18-25 ans.
La moitié des adultes est aujourd’hui en surpoids (une donnée confirmée par une étude parue dans le BEH), parmi ceux-ci, un sur six souffre d’obésité. Et la consommation de fruits et légumes et la pratique sportive restent insuffisantes.
Enfin, les infections sexuellement transmissibles sont en augmentation : entre 2012 et 2014, le nombre de diagnostics a augmenté de 12 % pour les infections à Chlamydia, et de 25 % pour les gonococcies.

V.C-D.